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Sauvage ? Exercices de style. A la façon d’Oilivia Rosenthal
mercredi 25 mai 2011, par
Sauvage ? Texte de Victorine Lohier.
Tu crois être domestiquée
Tu crois suivre les règles dictées
Par tes parents qui t’ont éduquée
Eduquée avec quelques libertés
Que tu as laissées, oubliées
Ces libertés que tu n’as pas acceptées
Regarde-toi, tu n’es pas celui-là
Ce petit être tranquille
Comme le poisson nageant dans ce ruisseau paisible
Tu n’es pas ce petit être sage
Sage comme une image
Tu n’es que sauvage
Sauvage et dominant
Bientôt tu seras terrifiant
Mais regarde-toi, pourquoi es-tu celui-là !
Texte de Romane. A la façon d’Olivia Rosenthal
Tant que vous êtes petite, vos parents passent leur temps à vous surveiller et le moindre de vos gestes est épié. La plupart du temps, ils vous interdisent d’aller jouer dehors, soit parce qu’il fait trop chaud, ou trop froid, ou encore parce qu’on ne veut pas vous laisser sans surveillance.
Vous avez l’impression d’être enfermée dans un bocal et de tourner en rond sans arrêt.
Les poissons rouges sont des animaux aquatiques qui se résignent à vivre en ermite loin de leurs congénères et à inspecter les moindres recoins de leur aquarium. Ils vous fixent avec leurs yeux globuleux et guettent la plupart du temps vos gestes.
Quand aux poissons qui vivent dans les océans et les mers, ils ont la chance d’être ensemble mais tôt ou tard, ils finissent en friture dans nos assiettes.
Adolescente, vous êtes en pleine crise de rebellion. Votre soeur vous exaspère et vous n’êtes plus qu’une charge pour vos parents. Vous avez l’impression que le monde entier est contre vous. Vous pensiez qu’en grandissant, vous pourriez quitter ce cocon familial mais vos parents sont encore plus méfiants. Vous êtes réduite à suivre le chemin qui leur semble bon...
Pourtant, une part en vous rêve de fuir ce monde et de se libérer de cette contrainte.
A travers leur aquarium, les poissons rouges essayent d’attirer votre attention en cognant leurs petites écailles contre la vitre, mais en vain. Ils rêvent alors de liberté, de retrouver leur famille et de découvrir les merveilles de l’océan. Pourtant, ils savent que ce rêve ne se réalisera jamais et ils s’imaginent pouvant fuir leur bocal et partir loin de ces humains qui les ont réduits à être enfermés...
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Sauvage ? Texte de Léonnie, à la façon d’Olivia Rosenthal
Vous êtes une enfant sauvage, malgré les reproches de vos parents, vous aimez l’idée qu’un jour vous dominerez le monde. Vous courez, hurlez, vous avez l’impression que le moindre faux pas vous sera fatal. Vous aimez les animaux et votre cassette de "sauvez Willy" est passé en boucle à la télévision pendant près d’un an. Vous vous souvenez du jour où quelqu’un a supprimé l’enregistrement, vous ne contrôliez plus rien !
Les orques sont des mammifères marins, ils dominent les océans, ils dominent les poissons, ils dominent mais restent soudés, ils se déplacent en meute. C’est peut être le plus important, ne pas rester seul, les dominant n’aiment pas la solitude.
Votre rêve de domination s’est évanoui. Vous préférez restez tranquille, vous avez grandi, vous vous êtes assagie, vous êtes polie, vous vous tenez bien droite, vous restez discrète. Quand vous êtes chez vous du moins, quand vous êtes en meute, vous vous sentez comprise.
Les jeunes mâles orques, trop grands, quittent la meute et se regroupent pour en former un nouvelle, avec une nouvelle dominante, des nouveaux petits. Ils recommencent une nouvelle vie avec d’autres contraintes, sans regretter leur ancien groupe.
Vous réussissez à domestiquer votre côté sauvage.
Messages
1. Sauvage ? Exercices de style. A la façon d’Oilivia Rosenthal, 30 mai 2011, 17:45, par Olivia Rosenthal
En lisant les textes de Victorine et de Romane, je vois que vous avez fait vôtre l’idée qu’on peut utiliser des éléments autobiographiques pour un texte écrit à la deuxième personne. Et je vois aussi que ce passage au "vous" vous permet de prendre de la distance avec votre propre histoire. Vous observez cette histoire, vous vous prenez vous-même comme objet de réflexion et, en vous lisant, on a l’impression que vous arrivez à réaliser cette opération d’écriture sans difficulté particulière. Et pourtant, je suis sûre qu’en commençant Que font les rennes ?, vous avez été déroutées par ce "vous". Cela prouve que vous êtes entrées dans le livre, que vous avez su trouver un moyen de vous approprier ce texte.
Merci à Romane pour ce parallèle entre la vie des poissons enfermés dans leur bocal et la vie des adolescents qui cherchent à être libres. Dans votre texte, la condition animale est loin d’être enviable, il y a quelque chose de terrible dans ce que vous décrivez de ces poissons.
C’est d’autant plus amusant que le texte de Léonnie propose un point du vue différent, voire inverse. Léonnie montre en effet qu’observer les animaux, au lieu de libérer notre part sauvage, peut permettre au contraire d’accepter la domestication. Comme quoi, on peut utiliser le modèle de la vie animale de multiples façons !