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J’imagine que...
vendredi 9 décembre 2011, par
Il y a un bal au bord d’une corniche… Jeunes et inconscients.
« J’imagine que c’est l’histoire d’un groupe de jeunes, des collégiens. C’est la fin de l’année. Ils vont partir en vacances tous ensemble au bord de la mer, en moto. Arrivés près de la mer, la nuit, ils entendent de la musique et décident de s’arrêter. Il y a un bal au bord d’une corniche… Ils sont jeunes et inconscients. L’un d’eux va se faire très mal, peut-être même mourir. Ils risquent la mort, c’est dangereux. » Anaïs Be.
« Ils boivent, ils fument, ont des scooters et vont faire les fous… » Souhila
L’endroit serait hanté ?
« J’imagine que l’histoire se passe en été, au bord de l’eau. Peut-être que ça raconte la noyade d’un enfant, il y a plusieurs années, et que depuis plus personne n’ose se baigner car des rumeurs courent : l’endroit serait hanté. » Anaïs Br. et Souhila
Mr Kennedy ?
« Plusieurs personnes sont invitées à un bal de charité, notamment M. Kennedy. Pendant ce bal, une malédiction sera jetée et personne ne pourra s’arrêter de danser » Coralie et Maureen
« JF Kennedy était un président des Etats-Unis qui s’est fait assassiner dans des circonstances obscures. Donc le livre va parler d’un assassinat. Il y aura du suspense. Il va y avoir un bal masqué puis un meurtre. C’est un roman policier. » Khadija
« J’imagine que Kennedy pourrait être dans le récit, qu’on va parler de lui mais qu’on ne le verra pas. » Charlotte
« L’inspecteur Kennedy est chargé de l’enquête. » Dounia
Mr Kennedy… une malédiction…
« J’imagine que c’est un groupe de jeunes, les Kennedy, qui sont en vacances d’été. Ils se retrouvent lors d’un bal mais ça ne se passe pas comme ils l’avaient prévu. Une malédiction s’abat sur eux… » Mohamed
« J’imagine que c’est l’histoire d’un jeune homme qui s’appelle Kennedy qui faisait de la moto avec ses amis. Ils prirent une route qui longeait une falaise. L’un de ses amis roula trop près du précipice et tomba. Depuis ce jour, on dit qu’il y a une malédiction sur la corniche… » Mohamed
« J’imagine que Kennedy était une personne qui pratiquait les sports extrêmes. Il décida d’escalader une corniche mais dévissa et se tua. Depuis ce jour, on entendit dire que cette corniche était hantée. Un jeune groupe de motards décida de relancer le défi… » Mohamed
L’inaccessible les attire…
« J’imagine que ce livre parle d’un évènement dramatique.
La perspective est déformée car la photo est prise de haut. On dirait qu’il y a un corps sans vie dans l’eau, qui flotte. Les adolescents semblent faire la fête dans l’eau, fêter un évènement.
Sur la photo, on voit une balise qui limite les territoires. Si les jeunes la franchissent, il doit y avoir un risque. L’inaccessible les attire… » Tiffany
« Comme l’indique le titre, il y aura un paysage, des côtes et bien évidemment la mer.
A la lecture de l’épigraphe, on comprend que des personnes ont commencé un travail et veulent le finir. Toute cette histoire sera peut-être provoquée par des adolescents qui ont commis une erreur ou franchi une limite. » Khadija
"Corniche Kennedy", le "Pont de la mort" ?
« Le titre "Corniche Kennedy" veut dire "pont de la mort" : les jeunes sauteraient d’un pont et tomberaient dans l’océan. » Tiffany
« Le titre du livre est intrigant. Le mot "corniche" évoque la chute, l’accident car je pense tout de suite au danger. Le mot "Kennedy" rappelle un personnage connu qui évoque la mort. Cela me fait penser aux crimes. Ces deux mots vont bien ensemble : ils évoquent tous deux la peur, le danger. » Sonya
"Quand on est à l’eau, il faut nager…" Territoires inconnus
« "Quand on est au bal, il faut danser" : je n’y comprends rien ! "Quand on est à l’eau, il faut nager…" ? Sûrement qu’il y aura des noyés, poussés de la corniche. "Il faut vivre à l’instant présent". La balise signifie qu’il y a des limites à ne pas dépasser, sinon on en paye les conséquences.
On s’aventure dans des territoires inconnus… Ce roman attise ma curiosité. » Laura
« Des gangs s’organisent un peu partout, sur la plage ou le long de la corniche. Les balises délimitent les territoires de chaque gang. » Akram
« J’imagine que deux groupes d’adolescents sont en conflit. Les deux groupes sont dans l’océan, il y a beaucoup de grandes vagues. Ils s’éloignent de la côte, ils sont près de la balise qui indique qu’ils sont dans un territoire interdit. Ils se lancent peut-être des défis et l’un de ces défis tourne mal. Un des adolescents se noie. Ses amis sont paniqués. » Zoubayda
Un rendez-vous… Il va nous arriver quelque chose…
« La corniche est au bord de la mer : peut-être est-ce un lieu de rendez-vous ?
Cette histoire de bal, dans l’épigraphe, est bizarre. On a l’impression que si on ne danse pas, il va nous arriver quelque chose… » Charlotte
« On imagine une très grande ville, touristique, congestionnée la journée et fluide la nuit.
Il y a un rendez-vous dont on nous décrit l’endroit.
En Amérique, à la fin de l’année, un bal est organisé. Ca se passe dans l’Arizona, dans une ville au bord de la mer ou de l’océan. Des collégiens se donnent rendez-vous. L’un meurt mystérieusement. L’inspecteur Kennedy est chargé de l’enquête. » Dounia
« Les P’tits cons… »
« L’auteur observe des groupes de jeunes.
Ca pourrait être l’histoire d’un père de famille nostalgique qui observe la sortie des élèves du collège. Il observe, regarde, commente… Peut-être que son fils est mort alors qu’il sortait lui aussi du collège, percuté par un scooter qui roulait sur le trottoir. D’où le "P’tits cons". » Alexandre, Rayyan
Tragique. Mélancolique.
« D’après la couverture, ce livre parlera de la jeunesse. Les deux mots du titre vont bien ensemble, par leur prononciation. Peut-être une corniche au nom de Kennedy, dû à un évènement tragique qui s’est passé aux environs. Mais quel évènement ? Pourquoi ?
Les jeunes sur la photo de la couverture ont l’air de se bagarrer.
Les extraits de textes nous renvoient à une description, mélancolique, qui décrit le paysage. Le mot "rocher" est utilisé : est-ce en rapport avec l’eau que nous voyons sur la photo ? Le mot "rivage" est aussi utilisé : on s’imagine maintenant que nous sommes au bord de l’eau, de l’océan. » Rayyan
Messages
1. J’imagine que..., 16 décembre 2011, 16:37, par Maylis De Kerangal
Il y a beaucoup de choses dans ce que vous me donnez à lire.
D’abord, il y a ce choix de commencer vos textes par "j’imagine que…" et de lancer des pistes à aprtir des indices dont vous disposez. Et, ces indices vous parlent bien, je trouve, même s’ils induisent aussi des fausses pistes.
Comme vous l’avez deviné, il s’agit bien d’un roman dont le principal motif est l’adolescence (Rayyan) : jeunes et inconscient (Anaïs), qui boivent fument, ont des scooters et font les fous (Souhila), des jeunes qui pourraient s’appeler Kennedy (Mohamed), que l’inaccessible attire(Tiffany) qui franchissent des limites (Khadidja, Zoubayda) : des gangs (Akram). Ce sont effectivement "les p’tits cons" de la Corniche — une expression qui est ambiguë, le voyez-vous ?
D’ailleurs, autre ambiguité : sur la photo, on ne sait s’il se bagarrent (Rayyan) ou s’ils font la fête (Tiffany)…
Il y a ce nom propre dans le titre : Kennedy. Un peu mystérieux mais qui fait bruiter dans vos oreilles une note américaine (Dounia). Kennedy qui n’est ni un inspecteur (Dounia), ni quelqu’un qui faisait de la moto (Mohamed), ni un sportif (Mohamed) mais effectivement le président américain célèbre et mort (Kahdija) assassiné qui donne son nom à la Corniche c’est-à dire au lieu même où se déroule le livre, ce long boulevard qui longe la mer à Marseille.
2. J’imagine que..., 16 décembre 2011, 16:38, par Maylis De Kerangal
C’est un lieu que vous imaginez "hanté" (Anaïs Br. et Souhila, Mohamed), maudit (Coralie et Maureen), "tragique" (Rayyan), "dramatique", lieu d’un "crime" (Sonya), lieu "d’accident", de "danger" (Sonya), d’un "assassinat" (Khadija), vous parlez de la mort, de la noyade (Anaïs Br. et Souhila) : il va se passer quelque chose (Charlotte). Vous pensez donc à un roman policier. Or, vous verrez, ce roman a effectivement à voir avec le polar, mais là encore, c’est ambigü
Ce que j’aime beaucoup, c’est que vous vous attardez sur l’épigraphe et que cette histoire de bal vous fait imaginer.
"Quand on est au bal, il faut danser" :qu’est ce que cela veut dire ? je suis d’accord avec Laura, on ne comprends pas bien… pour l’instant ! Je crois que vous le lirez mieux à la lumière de la lecture du livre mais il faut garder en tête l’idée de la danse, du mouvement, de l’énergie et de la vitalité des corps… Est-ce que la littérature peut capter, attraper tout cela ? Gardez l’idée de toujours faire un lien entre cet épigraphe et le livre que vous lisez. Pour moi, qui n’aime pas trop les épigraphes justement, celui-là était nécessaire, il fait partie du livre, il pose un horizon et l’éclaire.
3. J’imagine que..., 16 décembre 2011, 16:39, par Maylis De Kerangal
On peut maintenant entrer ensemble dans le livre et lire les premières pages qui décrivent ce lieu et présentent ceux qui le peuplent.
Demandez-vous ce qu’évoque pour vous une corniche le long de la mer, sous le soleil de l’été, réfléchissez aux notions de rivage, de bordure, de lisière, de frontière, de limite, de seuil et essayez de les mettre en lien avec cet âge qui est le vôtre et que l’on appelle l’adolescence.
à bientôt, bonnes fêtes de fain d’année à tous,
Maylis